Mardi 10 juillet 2007
Si, par crainte de l'oisiveté qui guette, déguisée en été, le Français moyen à l'approche des vacances, surtout quand il pleut (on n'est jamais à l'abri), vous
prenait l'envie, aussi soudaine que farfelue - par les temps qui courent - d'ouvrir un livre, fût-ce sur la plage, relisez donc l'impérial Bazin et son "Huile sur le feu", du premier mot
jusqu'à "ce soir". C'est pas beaucoup, presque rien, quelques lignes, deux pages entières tout au plus. Et vous aurez tout compris. Vous saurez pourquoi la vanité, l'épouvantable vanité
des combats que l'on mène chaque jour, me tombe dessus tout à coup, me saute au visage comme un crachat tuberculeux et m'écrase la poitrine dans l'étau, me coupe le souffle, me foudroie, me
paralyse, me tétanise. Et cet affreux dimanche qui ne veut pas finir. Me voilà bien. J'irais bien me pelotonner dans n'importe quels bras, maintenant, pour passer la nuit au chaud. Mais des bras,
ici, pour moi, y'en a pas. Ou des moches. Des mous. Des pendants. Des maladroits. Des pas francs du collier. Des hésitants. Des barbelus. Des amputés. Des grillagés. Des surgonflés. Des faux
musclés qui ne bandent plus. Des trop velus. Des tatoués qui me tentent pas. Faut pas déconner. Des que je serais bien dedans, z'en vendent plus, à cette heure-là. Vivons heureux, aussi, n'est-ce
pas, pendant que nous y sommes. Ben voyons. Vous pouvez pas comprendre. Il faut lire Bazin. Pour savoir. De quoi j'cause. Ca fait rien. Vous êtes tout excusés. Tout le monde ne peut pas piger.
Bazin. Tout le monde peut pas piger. Moi-même, d'ailleurs, des fois, j'ai du mal.
Dimanche soir du 22 août 1999.Tard. C'est pour ça.
Dimanche soir du 22 août 1999.Tard. C'est pour ça.





Vous dites ...