Courants d'air

Samedi 23 juin 2007 6 23 /06 /2007 11:27
Le crâne (Castelhémis)

C'est le pas d'un étranger
Qui m'a doublé quand il pleuvait
Et moi comme un fou j'ai couru
Et depuis, il a tout le temps plu

C'est le crâne d'un oiseau
Que j'avais ouvert en passant
Pour voir si dedans c'était beau
Et lui piquer un peu de sang

C'est le souffle d'une éponge
De la maladie qui me ronge
Il paraît que c'est fréquent
Quand d'un oiseau on a sucé le sang

Car à l'aide d'une paille
Je te ferai une entaille
Et en pleine fontanelle
J'aspirerai un peu de ton ciel


C'est un peu comme une aiguille
Qui plantée dans ma pupille
Ferait couler sur ta joue
Des larmes de rosée de boue

(Citée de mémoire, sans la réécouter)

Par severine - Publié dans : Courants d'air - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 30 juin 2007 6 30 /06 /2007 14:49
Du léger, de l'aérien peut-être, pour en finir avec ce passé qui me dépasse. Une vague influence celto-tsigane à fond entre les hémisphères pour faire swinguer tout ça. Vous êtes prêts pour le voyage ? Alors on y va.

Quand j'en aurai fini avec l'exploration stérile de mon précieux nombril, quand je daignerai juger que mon piteux ego ne mérite sûrement pas tant d'éloges, peut-être que je consentirai alors à regarder la vie qui m'entoure. C'est la fin d'un si long chapitre qu'on s'y serait perdu, mais je crains fort hélas de n'avoir pas dit encore le mot dernier. "Il n'y a que moi qui sache vraiment où tout ça finira" (Véronique Sanson). Et où tout cela pourrait-il bien finir, sauf à la poubelle, bien sûr ? Comme tant d'autres lettres d'amour jamais envoyées, froissées et chiffonnées, bien tordues méticuleux par le frisson rageur d'une main - la mienne - perfectionniste jusqu'à la torture et jamais satisfaite. Oui, mais ces gens à qui elles étaient destinées ne savent toujours pas la grandeur de mon estime à leur endroit. Quel gâchis après tout.

Monsieur mon amour effroyable, merci pour tout. Je sais maintenant ce qui se cache derrière la montagne des sentiments qui rend tout beau et tout facile. J'ai aperçu le soleil et tu ne l'as pas su. Mais le plus beau, et ma revanche est là, c'est que je ne désespère plus de l'avoir à nouveau dans les yeux un jour prochain.
Et s'il brûle encore, je recommencerai quand-même.

Samedi 30 juin 2007, 14.59

Par severine - Publié dans : Courants d'air - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 30 juin 2007 6 30 /06 /2007 20:46
Sur ce trottoir
Je gis, lascive, et puis
Tu viens
Marcher dans ma mémoire
Comme un maudit refrain
Je ne t'attendais pas, mais

Tu arrives
Il est beaucoup trop tard
J'ai le corps tout entier
Criblé de bulles
D'amour,
D'acide,
De chagrin
Repars d'où tu viens
Je suis déjà ailleurs
Ne me demande rien
N'use pas ta salive
Je suis tombée
Criblée de bulles
D'humour,
De rires,
Des bulles dessinées
A l'encre indélébile

Tout au long de ma peau
Comme le message dernier
Par severine - Publié dans : Courants d'air - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /2007 14:37
Paradoxe vivant Même l'encre s'efface "J'aurais voulu que tu me dises Viens Allo Paris Tout est fini tout est foutu" (Mano Solo) Des mots déchiquetés au cutter de la vie Je préfère ne pas avoir de rêves Continuer devient héroïque en pareilles circonstances "A 23 ans du soir, j'ai perdu la mémoire"  La voilà, la clé : l'Amnésie, absence momentanée de toute connexion reliant au monde, pour tout recommencer Depuis A jusque Z Etre ailleurs et autre chose Blues sur le trottoir en revenant du port ce soir propice à la flânerie "Fais monter la pression, Julie Il est même plus question d'oubli (...) Je ferai tout pour que tu croies que je suis un homme libre." Je me demande même si je suis encore là "Allez viens, nous construirons ensemble la nouvelle, la nouvelle déchirure."


Dimanche, 1er août 1999
Par severine - Publié dans : Courants d'air - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /2007 11:52
Par la grâce de mon patron (...?!), je n'ai rien d'autre à faire qu'à écouter le monde qui bruisse par ma fenêtre ouverte
Qu'à regarder la mer lisse, morcelée de taches grises et vertes, aussi loin que me portent mes yeux Qu'à respirer jusqu'à n'en plus pouvoir l'essence du monde qui s'agite, vapeurs autorisées de l'ivresse publique Qu'à espérer
Par la grâce de mes congés payés, je n'ai rien d'autre à faire qu'à ouvrir la porte des rêves sommeillant bien au chaud dans ma boîte à idées
Et on croit peut-être que je vais me gêner ?!
Manquerait plus que ça
Par severine - Publié dans : Courants d'air - Communauté : Expression en rimes.
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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /2007 16:40
Juste là à côté, enfin je veux dire en bas de chez moi, pas très loin, il y a une jolie petite place, toute en fleurs, avec au milieu un beau lavoir, tout en nostalgie.
Et dedans, il y a les mains gelées de ma grand-mère penchée sur le labeur, frottant sur la pierre, avec application, le linge blanc du dimanche avant la messe. Les mains brûlées de ma grand-mère, qui ne savaient ni l'été ni l'hiver, tapant les draps de son battoir avant de les plier pour les coucher, bien sages jusqu'au dimanche prochain, dans l'armoire Les rires douteux des commères réunies Les bulles de savon qui nous piquaient les yeux Lavande de mon enfance enfuie, quand reviendras-tu chanter dans mes oreilles le doux parfum du beau lavoir ?
Touchez pas au lavoir, ou je mords.
Touchez pas à l'enfant, ou je tue.
C'est sacré. Et c'est tout.

Vendredi, 6 juillet 2007. 16.48
Par severine - Publié dans : Courants d'air - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /2007 17:53
Ce matin, j'ai :
Vidé le cendrier qui avait mal au ventre,
Fait mon lit au carré (comme d'hab),
Pris ma douche mensuelle (mais non ... annuelle),
Dit bonjour à la voisine
En filant un coup d'lattes à son chien (mais si, mais si),
Jeté un oeil vite fait à mon courrier en retard,
Vérifié par la fenêtre que la mer était là,
Pas classé mes factures elles attendront,
Cassé le téléphone fixe qui me fixe tout l'temps,
Regardé mon auto immobile bien sage dans la cour,
Pris un café à la terrasse des Voyageurs,
Ecouté mon portable qui me cause pas souvent,
Médité calmement en inversant les choses,
Ecrit à mon ami Tony qui s'endort en prison,
Parlé avec maman qui parle trop longtemps,
Nettoyé mes chaussures mais de ça on s'en fout,
Dit merci au monsieur qui m'a claqué
Au nez la porte de la boulangerie,
Souri, devant le cimetière, comme j'aime le faire, à tous les miens qui sont déjà partis
Remonté en vitesse la pendule d'argent qui ronronne au salon, qui dit oui, qui dit non
Pensé à Mademoiselle qui a pris des vacances,
Piqué des hortensias au jardin d'à côté (sont mieux ici),
Inventé des histoires pour voir briller les yeux de Margot qui s'ennuie,
Vaguement répondu "oui" à l'un ou l'autre qui voulait savoir comment je m'appelle,
Couru après le temps,
Renversé mes céréales en-dehors de leur bol,
Chassé au grand galop mes pieuses idées noires,
Oublié de finir le livre d'hier soir
Et demain,
Ce sera ... tout pareil !
Ben oui.

Par severine - Publié dans : Courants d'air - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /2007 12:16
(Ode à mon chat)

J'aimerais bien que tu reviennes mettre ton petit nez dans mes affaires. J'aimerais bien pouvoir encore te caresser les oreilles, te les tordre dans tous les sens, pour regarder dedans, sur le canapé. J'aimerais bien encore pouvoir sentir tes pattes sur mon ventre, quand tu creusais ton nid avant de t'en aller rêver, roulée en boule tout contre moi. J'aimerais bien pouvoir encore avoir chaud aux pieds, quand tu venais te coucher. J'aimerais bien pouvoir encore entendre la mélodie de ton ronron. J'aimerais bien pouvoir encore t'écouter miauler dans mes matins. J'aimerais bien encore pouvoir râler et t'envoyer promener. J'aimerais bien encore te voir perchée sur le rebord de la fenêtre, posée sur tes fesses comme la concierge, tu me dirais ce qui se passe dehors quand j'suis pas là. J'aimerais bien encore pouvoir savoir que des gens qui te voyaient sur le toit disaient qu'il faut appeler les pompiers pour venir te chercher. J'aimerais bien encore pouvoir te prendre sur mon épaule gauche, te poser là et sentir ta langue râpeuse dans mon cou.

Mademoiselle n'est plus là. Elle a pris son ticket pour le paradis des chats.

Tant pis pour moi. Qu'est-ce qu'on fait ? On ne pleure pas.
Par severine - Publié dans : Courants d'air - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /2007 18:12
"Si le chat n'est plus sur Mémé, c'est qu'elle est froide". (Pierre D.)
Je peux la relire cent fois par jour, ça le fait à chaque fois. Allez savoir pourquoi ?!
Par severine - Publié dans : Courants d'air - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /2007 20:07
Je viens de voir Nicolas à la télé. Comme tout le monde. Toute façon, il est partout dans ma télé. Mais il est content, Monsieur Sarkozy. Il n'est pas content parce qu'il est venu présenter à l'Algérie blessée les excuses de la France confuse. Qu'elle aurait méritées, pourtant. Et acceptées, peut-être. Non. Il est content pour deux raisons :
1. Il faisait beau, aujourd'hui, à Alger. C'est loin d'être le cas partout.
2. C'était pas lui le plus petit, sur le tapis rouge déroulé officiel sous ses pieds entre l'avion présidentiel et l'aérogare. Monsieur Bouteflika est plus petit que lui.
Ben, si Nicolas est content, alors ... De quoi se plaint-on ?

Ce soir, 20.13
Par severine - Publié dans : Courants d'air - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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