Traverse la rue
Traverse-la nue
Traverse la nuit
Renverse l'ennui
Ne pleure plus
Puisque tu vis
Par severine
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Je vous précède dans l'église
Pour une fois,
Et pour quelle raison ...
Vous êtes là autour de moi
Venus écouter une dernière fois
La funeste oraison
De ce prêtre sans talent
Qui vous parle sans savoir
Je vous interdis la tristesse
Qu'on se le dise
Pour une fois
Je veux que l'on me laisse
L'autre rive qui m'attend
N'attendait plus que moi
Mais gardez-la,
Cette soudaine compassion, qui me blesse
Plus qu'elle ne m'émeut
Ne vous déplaise
Elle n'est pas de mise
Puisqu'aujourd'hui
Pour une fois
C'est moi qui ai choisi
Et puis soyez heureux
Samedi 23 juin 2007, 14.22
Par severine
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Il est incroyablement tôt et je m'assois en toi sans ta permission. Je soupèse tes si petits chagrins, juste pour que tu comprennes qu'ils ne sont pas mortels Et
puis tu n'en crois rien
Je me tiens tout au creux, tu ne peux pas me voir "Je suis la nuit qui doute, l'aube qui rassure" (Higelin), et je te chante un air venu de Cuba, un truc qui bouge
tout seul, pour te souhaiter bonjour. J'attire la nuit, je l'étrangle de mes mains pour qu'il te fasse beau dans la tête Et tu n'as plus sommeil Tu es sourire à présent, et je me marre aussi.
Quelle effraction ! Ca fait des plombes que je te hante et tu n'as rien senti, des siècles que j'habite chez toi sans que tu y voies rien . Je fume tes cigares en me payant ta tête. Cambriolage
tout en douceur ... Je t'ai volé quelques minutes, juste au réveil, parce que ce sont celles que je préfère, mais je t'en souhaite des millions d'autres.
Mercredi 4 août 1999, 00.47
Par severine
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S'il me fallait refaire le chemin à l'envers, je jure que je mettrais mes pas dans les mêmes ornières, que je glisserais encore dans les mêmes travers. Je suis mon
remords vivant, peut-être que ça suffit.
Samedi 30 juin 2007, 09.25
Par severine
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La vague sous mes yeux écume de colère en longues trainées blanches Et puis qu'est-ce que j'aime ça ! La vague sous mes yeux se soulève, tente
une rebellion, elle croit qu'elle peut gagner contre Monsieur le vent, elle recule et retente sa chance La vague sous mes yeux finit par se soumettre à la loi du plus fort La vague sous mes yeux
abdique et rend les armes Et la magie dans tout cela c'est que chaque jour sous mes yeux le spectacle recommence Et puis qu'est-ce que c'est beau Bretagne mon pays je n'aime rien d'autre plus que
toi
Samedi 30 juin 2007, 15.07
Par severine
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C'est reparti pour la grand'messe Zone piétonne et sens obligatoires Des va-nus-pieds en veux-tu en voilà, des m'as-tu vu qui se la jouent et puis qui m'indiffèrent
comme c'est pas permis Embouteillages rue de la Plage et sens giratoires Le chien et la belle-mère ? Oubliés sur l'aire de l'autoroute, pas fait exprès ... ! Le comble du bon goût : Le bob jauni,
fièrement estampillé "Pastis 51" (hum, il est bien, celui-là :-) Vos peaux rougies étalées impudiques tout au long du sentier douanier qui me font mal aux yeux Papiers gras et
mégots partout sur les trottoirs Les radios de vos autos qui braillent du rap fenêtres ouvertes, des fois qu'on serait sourd, on sait pas Des "Mômaaaannn" déchirants montant des gorges de vos
enfants perdus, des "Mômaaann, j'veux ça !" suppliants sortant des bouches de vos enfants goulus, des "Mais qu'est-ce tu fous ? J't'attendais là-bas, mais si, je te dis qu'on avait dit : Là-bas.
Pourquoi tu m'écoutes pas ?" venant comme ça des lèvres de Madame qui n'en peut plus Vos klaxons, prolongement viril de vos mains impatientes, pour saluer celui qui n'avance pas Des brises d'anis
aux terrasses des bars, des relents de Ricard dans vos éructations nocturnes Cette merguez qui grille juste sous mes narines "Le petit Mathis attend sa maman sur le parvis de l'église", deuxième
rappel Vos chiens qui pissent le long des jardinières Vos courses folles pour un peu de hasard Du sable dans vos chaussures, des petits cailloux dans vos mémoires Des cartes postales mal écrites
et jetées à la hâte à la boîte, qui finiront bien par arriver chez la cousine qu'on n'a pas invitée Vos tentes de camping jusque sur mes dunes Le cirque tous les soirs et les sens interdits Vos
oublis nonchalants dans l'eau où je ne vais pas Les couches de vos enfants par-dessus les poubelles, c'est pas grave, c'est pas chez nous Vos lunettes de star qui ne dupent que vous, vos Ray-Ban
rayées (vaut mieux pas en mettre du tout) Vos torses nus qui m'agressent le regard Voguent les glaces à la fraise, double italienne sinon c'est pas du jeu Vos cris béats dans mon feu d'artifice
Mais puisque je vous le dis : C'est reparti ! Et ... Vive les vacances scolaires. Qu'on pende Jules Ferry et Léon Blum sur la place de l'Eglise ! Ah, sont déjà morts ? Savais pas. Pardon, j'ai
dit pardon, je savais pas.
Par severine
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