En passant

Vendredi 22 juin 2007
Traverse la rue
Traverse-la nue
Traverse la nuit
Renverse l'ennui
Ne pleure plus
Puisque tu vis
Par severine
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Samedi 23 juin 2007
Je vous précède dans l'église
Pour une fois,
Et pour quelle raison ...
Vous êtes là autour de moi
Venus écouter une dernière fois
La funeste oraison
De ce prêtre sans talent
Qui vous parle sans savoir
Je vous interdis la tristesse
Qu'on se le dise
Pour une fois
Je veux que l'on me laisse
L'autre rive qui m'attend
N'attendait plus que moi
Mais gardez-la,
Cette soudaine compassion, qui me blesse
Plus qu'elle ne m'émeut
Ne vous déplaise
Elle n'est pas de mise
Puisqu'aujourd'hui
Pour une fois
C'est moi qui ai choisi
Et puis soyez heureux


Samedi 23 juin 2007, 14.22

Par severine
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Jeudi 28 juin 2007
Il est incroyablement tôt et je m'assois en toi sans ta permission. Je soupèse tes si petits chagrins, juste pour que tu comprennes qu'ils ne sont pas mortels Et puis tu n'en crois rien
Je me tiens tout au creux, tu ne peux pas me voir "Je suis la nuit qui doute, l'aube qui rassure" (Higelin), et je te chante un air venu de Cuba, un truc qui bouge tout seul, pour te souhaiter bonjour. J'attire la nuit, je l'étrangle de mes mains pour qu'il te fasse beau dans la tête Et tu n'as plus sommeil Tu es sourire à présent, et je me marre aussi. Quelle effraction ! Ca fait des plombes que je te hante et tu n'as rien senti, des siècles que j'habite chez toi sans que tu y voies rien . Je fume tes cigares en me payant ta tête. Cambriolage tout en douceur ... Je t'ai volé quelques minutes, juste au réveil, parce que ce sont celles que je préfère, mais je t'en souhaite des millions d'autres.


Mercredi 4 août 1999, 00.47
Par severine
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Samedi 30 juin 2007
S'il me fallait refaire le chemin à l'envers, je jure que je mettrais mes pas dans les mêmes ornières, que je glisserais encore dans les mêmes travers. Je suis mon remords vivant, peut-être que ça suffit.

Samedi 30 juin 2007, 09.25
Par severine
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Samedi 30 juin 2007
Plume me caresse,
Pour vous faire du bien ... (ben oui ... :-)
Plume vengeresse
Ne sert plus à rien
Plume assassine
Au rayon des souvenirs
Plume libertine
Pourrait bien revenir ... (ben encore oui, la coquine ... :-)
Plume se noie,
Plume batifole,
Plume me croit,
Plume s'affole,
Plume badine
Jusque dedans les bois,
Plume, maintenant, ose,
Plume n'écoute que moi,
Plume voit des choses
Que personne ne voit
Plume me désespère,

Quelques fois ... (ben oui ... aussi :-)
Plume espère
Ne vous avoir pas déplu
Plume s'en va, maintenant,
Ravie d'avoir connu
Ce courant d'air, ce nouveau souffle
Aussi soudain qu'inattendu
Mais bienvenu
Qui lui a permis
D'explorer l'autre univers
L'envers
Du décor
Qui ressemble, ah ça oui,
Qui ressemble fort
Au paradis sur Terre
Et puis si vous voulez
Appelez-la, appelez-la encore
Pour qu'elle revienne
Vous chatouiller
Les zoreilles ou le reste du corps
Je ne sais pas pourquoi
Mais je suis certaine
Que Plume, dans ce cas,

Reviendra

Samedi 30 juin 2007




Par severine
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Samedi 30 juin 2007
La vague sous mes yeux écume de colère en longues trainées blanches  Et puis qu'est-ce que j'aime ça ! La vague sous mes yeux se soulève, tente une rebellion, elle croit qu'elle peut gagner contre Monsieur le vent, elle recule et retente sa chance La vague sous mes yeux finit par se soumettre à la loi du plus fort La vague sous mes yeux abdique et rend les armes Et la magie dans tout cela c'est que chaque jour sous mes yeux le spectacle recommence Et puis qu'est-ce que c'est beau Bretagne mon pays je n'aime rien d'autre plus que toi


Samedi 30 juin 2007, 15.07
Par severine
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Jeudi 5 juillet 2007
Tous les enfants s'appellent octobre
S'ils meurent de vos guerres
Sur le trottoir glacé
De toutes vos colères
Tous les enfants sont un printemps
Qui se tait et se cache
Et il fait bien long temps
Qu'il n'avait tant neigé
Que le monde le sache
Tous les enfants sont notre été
Ne le fumes-nous pas également ?
L'avons-nous jamais été ?
Tous les enfants sont des mois de mai
Qui ne s'arrêtent plus
Qui n'en finissent jamais

Dimanche 8 août 1999
Par severine
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Jeudi 5 juillet 2007
Dimanche (Caresse-moi) Monsieur Yves JAMAIT. ("De verre en vers")

Le vois-tu venir mon amour
Ce dimanche avec sa gueule moche
Ce cancrelat qui tourne autour
De ce jour triste comme un son de cloche
Au temps suspend mes heures de vol
Eprouve mon coeur de patine
Quand la déprime me racole
Que ses maux de passe me chagrinent
Entends-tu la marche funèbre
De cette semaine qui crève
A cette détresse une trève
Poser ma bouche sur tes lèvres

Caresse-moi caresse-moi
J'ai le ventre gonflé de larmes
Ce soir la vie me rétame
Caresse-moi Caresse-moi
Caresse-moi Caresse-moi
Ne laisse pas ce jour vieillir
Sans poser avant qu'il n'expire
Tes mains sur moi Caresse-moi

C'est un dimanche comme tant d'autres
Qui déjà me vide le coeur
Une petite bête noire se vautre
Impunément sur mes humeurs
J'ai la déprime à fleur de peau
Et l'automne dans les entrailles
Pas une bière placebo
Ne peut soigner ce qui m'entaille
Et toujours la marche funèbre
De cette semaine qui crève
A cette détresse une trève
Poser ma bouche sur tes lèvres

Caresse-moi Caresse-moi
J'ai le ventre gonflé de larmes
Ce soir la vie me rétame
Caresse-moi Caresse-moi
Caresse-moi Caresse-moi
Ne laisse pas ce jour vieillir
Sans poser avant qu'il n'expire
Tes mains sur moi Caresse-moi

Par severine
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Vendredi 6 juillet 2007
C'est reparti pour la grand'messe Zone piétonne et sens obligatoires Des va-nus-pieds en veux-tu en voilà, des m'as-tu vu qui se la jouent et puis qui m'indiffèrent comme c'est pas permis Embouteillages rue de la Plage et sens giratoires Le chien et la belle-mère ? Oubliés sur l'aire de l'autoroute, pas fait exprès ... ! Le comble du bon goût : Le bob jauni, fièrement estampillé "Pastis 51" (hum, il est bien, celui-là :-) Vos peaux rougies étalées impudiques tout au long du sentier douanier qui me font mal aux yeux  Papiers gras et mégots partout sur les trottoirs Les radios de vos autos qui braillent du rap fenêtres ouvertes, des fois qu'on serait sourd, on sait pas Des "Mômaaaannn" déchirants montant des gorges de vos enfants perdus, des "Mômaaann, j'veux ça !" suppliants sortant des bouches de vos enfants goulus, des "Mais qu'est-ce tu fous ? J't'attendais là-bas, mais si, je te dis qu'on avait dit : Là-bas. Pourquoi tu m'écoutes pas ?" venant comme ça des lèvres de Madame qui n'en peut plus Vos klaxons, prolongement viril de vos mains impatientes, pour saluer celui qui n'avance pas Des brises d'anis aux terrasses des bars, des relents de Ricard dans vos éructations nocturnes Cette merguez qui grille juste sous mes narines "Le petit Mathis attend sa maman sur le parvis de l'église", deuxième rappel Vos chiens qui pissent le long des jardinières Vos courses folles pour un peu de hasard Du sable dans vos chaussures, des petits cailloux dans vos mémoires Des cartes postales mal écrites et jetées à la hâte à la boîte, qui finiront bien par arriver chez la cousine qu'on n'a pas invitée Vos tentes de camping jusque sur mes dunes Le cirque tous les soirs et les sens interdits Vos oublis nonchalants dans l'eau où je ne vais pas Les couches de vos enfants par-dessus les poubelles, c'est pas grave, c'est pas chez nous Vos lunettes de star qui ne dupent que vous, vos Ray-Ban rayées (vaut mieux pas en mettre du tout) Vos torses nus qui m'agressent le regard Voguent les glaces à la fraise, double italienne sinon c'est pas du jeu Vos cris béats dans mon feu d'artifice Mais puisque je vous le dis : C'est reparti ! Et ... Vive les vacances scolaires. Qu'on pende Jules Ferry et Léon Blum sur la place de l'Eglise ! Ah, sont déjà morts ? Savais pas. Pardon, j'ai dit pardon, je savais pas.
Par severine
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Vendredi 6 juillet 2007
Ce soir, j'ai :

Fait tous mes exercices,
Pris ma douche ... trimestrielle
Ecrasé trois mégots dans le cendrier propre,
Parlé beaucoup avec celui qui se reconnaîtra,
Lu un peu les mots de Richard B,
Regardé par la fenêtre le jour qui s'en va,
Maudit ces gens qui roulent sur le trottoir,
Et maintenant c'est l'heure
De mon dodo chimique
Bonne nuit tout le monde
Peut-être que demain
Ca recommencera ?

Par severine
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