Tites colères

Dimanche 9 septembre 2007
"J'accuse les hommes de crimes sans pardon, au nom d'un homme ou d'une religion." (Michel Sardou).

Comme je ne veux pas vous laisser comme ça, sans préambule et sans explication, j'y reviendrai. C'est juste que je viens de ré-écouter la chanson, j'ai donc l'extrait exact. Un bon petit moment qu'il me tournait autour, celui-là aussi, mais ... pas moyen de remettre la main dessus. Et comme j'aime l'exactitude ...
Par Séverine
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Dimanche 16 septembre 2007
Relativiser. Pas simple, quand on passe la journée penchée sur son petit nombril. Nos tracas personnels sont tellement petits, si on regarde bien tous les malheurs du monde. Forcément. Que représente une demoiselle égocentrée, assise sur ses deux fesses devant un écran, un dimanche après-midi, à l'échelle planétaire ? Rien. Ou pas grand-chose. Une petite tâche dans le cosmos.

Et pourtant ... Quand cette petite tâche souffre, qu'elle a mal quelque part ou tout simplement qu'elle ne va pas bien, pour des tas de raisons aussi valables les unes que les autres, elle serait assez tentée de le crier au monde entier, justement. Parce que sur le moment, rien d'autre ne peut avoir d'importance pour elle. Meurent de faim les enfants nord-coréens, explosent les bombes un peu partout, saignent les veines des arbres amazoniens, disparaissent les espèces animales vitesse grand V, tombent les condamnations à mort pour un oui pour un non à Houston Texas ou à Pékin, crèvent les "marginaux" (en marge de quoi ?) dans la plus atroce indifférence, qu'on les enterre en fosse commune c'est déjà beaucoup, débordent les prisons, j'en passe et des pires, la petite tâche perdue dans le cosmos ne voit et n'entend plus rien. Elle a mal quelque part. Le reste ? Pff ...

The show must go on. Question d'audimat.
Par Séverine
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Samedi 22 septembre 2007
A l'infâme crétin, au bas de plafond monumental, au génie interplanétaire qui a cru devoir laisser son chien faire popo juste devant la portière passager de ma voiture, dans la cour, entre midi et deux, je dis qu'en plus d'être un monstre d'intelligence, il ne mérite que les deux mots suivants : Pauvre naze.
Je me sens beaucoup mieux.
Nan mais des fois ? Ca va pas, ou quoi ?!
Par Séverine
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Dimanche 16 mars 2008
Pour une fois, je laisse parler ma colère. Je sors rarement de mes gonds. Je ne sais pas pourquoi j'ai encore besoin de te voir, de t'entendre. Pour faire mon deuil. Quel vilain mot. Et pourtant, c'est exactement ça. Personne n'est mort. Aimer n'a jamais tué. En tout cas, pas moi. Pas encore. On se demande comment je tiens debout, avec rien dans le ventre, ou presque, depuis des jours. Ne me demande pas comment je vais. Je vais. C'est tout. Où ? Je ne sais pas, mais j'y vais. Facile, de se dire que c'est "juste" la fin d'une histoire, et le début d'une autre. Facile, de se dire que ce n'est pas la fin du monde. Je le sais, je le sais bien, que c'est pas la fin du monde. C'est la fin du mien. Celui auquel tu m'as demandé, assez longtemps, de croire avec toi. C'est déjà trop. Est-ce parce que tu avais besoin d'y croire aussi ? J'en ai bien peur. Construit-on quelque chose de solide sur la base de ce qu'on a besoin de croire, à un moment donné ? Fait-on des promesses à quelqu'un en n'étant pas certain de les tenir ? Non. Bien sûr que non. Et pourtant, tu l'as fait. Comme quoi ... J'avais confiance en toi. Tu le savais, je te l'ai dit et répété. C'est juste que je ne me pardonne pas d'avoir été aussi naïve. Comment, mais comment ai-je pu croire des choses pareilles ?! Et tu me demandes, avec insistance, de faire d'autres projets, de ne pas fermer mon coeur aux autres, aux futurs, aux éventuels ... Je rêve. J'ai mal entendu, c'est pas possible. C'est ça, je rêve. Je vais me réveiller. Et je ne t'aimerai plus. J'aurai gagné. Ce matin-là, si je le vois venir, je pourrai me dire, en me regardant dans le miroir, que j'ai gagné. Eh oui, encore une fois. Tant pis si je te fais mal aux oreilles, ce matin-là, mais je ne m'excuserai pas. J'ai fini. De m'excuser de vivre. De m'excuser d'être moi. Et tu le sais, mieux que personne.
Par Séverine
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Vendredi 18 juillet 2008
Je viens de me désinscrire de la "boîte à rencontres" virtuelle la plus connue de France. Vous allez me dire : "On s'en fout", ce en quoi je ne peux pas vous donner tort. Le bilan est assez minable. Je suis la première que ça désole. Je n'ai rien construit, encore. Je n'ai rien "à moi", encore. Pas d'épaules masculines à mes côtés. Pas de pavillon en banlieue. Même pas de baignoire ici ... :-). Pas de chien qui bouge la tête, à l'arrière de l'auto, quand on s'en va en week-end pour aller claquer une bise à la belle-mère et déjeuner d'un poulet-frites le dimanche. Pas d'enfant. Même plus de chat. Tout cela est vrai. Je n'ai rien. J'ai bien envie de vous dire : "Et alors ??", parce que je crois être "riche" de bien autre chose, mais ... La faute à qui, à quoi ? La mienne, bien sûr et avant tout. Quand on s'interdit d'être heureux, forcément, ça marche moins bien ... Si la clé, si le prix de mon bonheur futur sont dans la "négation" du seul drame de ma vie, celui qui m'a touchée en pleine chair il y a une dizaine d'années, alors OUI, je viens de décider qu'il en sera désormais ainsi, et aussi que dorénavant je ferai "comme si" ça n'avait jamais été. J'ai le droit. Ma volonté, pour ce soir et pour toujours, est que ceux des miens qui savent de quoi je parle, respectent ma décision. La simple idée que "ça" puisse retentir sur ceux que j'aime, me paralyse et m'empêche d'avancer. Je sais. J'aurais mieux fait de ne jamais en parler. Je n'ai pas pu, continuer à me taire. Je n'ai peut-être jamais rien exigé. Il paraît qu'on peut, parfois, et qu'on doit, d'autres fois. Alors oui, ce soir et à jamais, j'exige de vous le respect de la décision que je viens de prendre. C'est la mienne.

Voilà. C'était ma cinquième "tite colère" depuis la naissance de bébé-blog. Il le fallait, même si je n'aime pas du tout en prendre. Elle me LIBERE. C'est énorme. J'étouffais. Je vais beaucoup mieux, maintenant. Et je vous remercie. De votre écoute, attentive et pudique. De votre soutien. De n'avoir pas fui, quand j'ai dit. D'être là, toujours, pour moi, à votre (vos) manière(s). Et de m'aimer, comme je vous aime, tous et chacun. Y'avait un bon petit moment que je n'avais pas pleuré. Ces larmes qui arrivent sur le solo de "Telegraph Road", ne vont pas durer. Vais attendre la fin du morceau, et elles ne seront plus là ... :-)
Que la vie vous soit douce.
Par Séverine
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Dimanche 7 septembre 2008
Séverine, (jusque là, j'ai bon ;-))

Fallait que je t'écrive, pour te dire ce que je pense. Tu me connais aussi bien que je te connais, y'a des choses que je ne sais pas bien dire, alors je les pose sur les lignes virtuelles de cet infini cahier sans marge qu'est Internet. Je passe par chez toi parce que c'est plus simple. Je sais déjà que tu ne m'en voudras pas.

J'ai appris que tu es allée, tout récemment, à Oradour sur Glane. Je sais que l'Histoire de France te passionne, et depuis un moment. Je sais ce que tu y as vu, c'est à dire l'horreur absolue, la barbarie à l'état pur. Dans un silence respectueux, et sous la pluie.

Tu veux me faire plaisir ? Oui, je sais que tu vas me répondre oui. Alors écoute bien ce que je vais te dire, parce que je ne te le répéterai pas :

Tu aimes profondément ta famille (tu as la chance d'en avoir une). Et elle t'aime. Elle te le prouve, chaque jour. Tu aimes passionnément ton travail (tu as la chance d'en avoir un). Tu aimes sincèrement tes amis (tu as la chance d'en avoir quelques-uns). Et ils t'aiment. Ils te le prouvent, à leur manière. Tu peux faire à peu près ce que tu veux de l'argent que tu gagnes, et puis quand tu ne peux pas vraiment, eh bien tu attends. Tu aimes écouter de la musique, mon petit doigt droit, tu sais, celui qui m'cause parfois, m'a dit que tu avais envie d'aller apprendre à en faire. Bonne idée ! Tu aimes écrire. Moi aussi, c'est exactement ce que je suis en train de faire. Je t'ai lue, l'autre soir, quand tu as dit ne plus vouloir de la compassion, voire de la pitié, que tu as pourtant toi-même suscitées. Que veux-tu que je te dise ?! Tu manques de pudeur, de recul, de discrétion et de retenue, alors que je sais pertinemment qu'on ne t'a pas éduquée de cette façon-là. Tu parles de ta vie, de toute ta vie, en en faisant une sorte de "drame sans nom", et tu t'étonnes, après, qu'on te plaigne ? Faut savoir ce que tu veux, ma grande ... T'es-tu déjà demandé, ne serait-ce qu'une fois, si les personnes avec qui tu en parles étaient prêtes, à l'entendre ? Jamais. Pas un instant. T'es-tu déjà demandé, ne serait-ce qu'une fois, si les personnes avec qui tu en parles avaient "besoin" de t'entendre leur expliquer ? Jamais. Pas un instant. Et pourtant, l'éducation qu'on t'a donnée, hein, je suis bien placée pour le savoir, t'a appris à ne pas "encombrer" les autres avec ce qui ne regarde que toi. On t'a plutôt appris à aller vers l'autre, vers celui qui a eu moins de chance que toi, dans la vie. On t'a appris à respecter les gens pour ce qu'ils sont, et pas pour ce que toi, tu voudrais qu'ils soient. Tu fais tout "de travers", et tu te permets de reprocher aux gens leur maladresse ? Je rêve !! Je sais très bien, aussi, pourtant, que tu te "vantes", ou presque, d'essayer de ne pas faire ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse. Mon oeil !! Tu fais exactement l'inverse ... Tu m'agaces, quand c'est comme ça, tu peux pas savoir, parce que ça ne te ressemble pas. Tu juges, à tort et à travers. Ça ne se fait pas, et tu le sais. Qu'est-ce qu'il a de si "précieux", à la fin, ton tout petit nombril ? Rien de particulier, il est fait comme le nombril de milliards d'êtres humains. Tu as horreur qu'on soit injuste avec toi. T'es-tu déjà demandé, ne serait-ce qu'une fois, si tu ne l'as pas été, avec les autres ? Si. Je sais que tu t'es déjà posé la question, mais ... trop tard. Tu m'énerves, si tu savais comme tu m'énerves, bien plus souvent qu'à ton tour, à faire ton "Caliméro" dans les oreilles de gens que tu aimes, du genre : "Ben oui, mais la vie n'a pas toujours été facile, alors bon, si vous pouviez compatir ..." T'es-tu déjà demandé, ne serait-ce qu'une fois, si elle a été facile aux gens que tu aimes ? Jamais. Pas un instant. Pfff ... Si tu n'étais pas ridicule, tu me ferais rire ! Qu'est-ce qu'elle a eu de pas facile, ta vie ? RIEN. Les enfants d'Oradour, dont tu as vu les photos mercredi, ils auraient voulu vivre. Ils ne demandaient sûrement rien d'autre que ça. Ils n'ont pas pu. Alors maintenant, tu te tais. Ça suffit, quoi, sans déconner ! Tu me fatigues, des fois, c'est pas croyable.

Les gens qui te connaissent, ici, me disent de toi que tu es quelqu'un de drôle, de souriant, de sensible, d'intelligent, de gentil et de généreux. Reste-le. Redeviens-le. Ça leur suffit, aux gens qui te connaissent, pour t'estimer. Et ils disent la même chose à propos de ta famille. Ils ont raison. Le reste ? Il n'appartient qu'à toi. Garde-le. Ad vitam eternam. C'est ma prière pour ce dimanche.

Allez, Séverine. Fais-moi plaisir, tu veux bien ? Kiffe ta life, à fond les ballons. Parce qu'elle est belle. Et qu'en plus, toi et moi, on sait parfaitement qu'elle peut être courte. Apprends ce que tu ne sais pas encore. Le reste ? Il ne compte plus. On s'en fout. Vraiment. D'accord ?

Je t'embrasse. Affectueusement. Parce que j'ai été ferme, et je le sais. Mais il le fallait. Qui aime bien ... :-)

Moi.
Par Séverine
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Jeudi 9 octobre 2008
Paraît que Dame Nature m'a dotée d'un sens de l'humour particulier, assez corrosif. Paraît que ce que les gens qui me connaissent remarquent mon intelligence et ma vivacité d'esprit. Paraît que j'ai quelque talent pour manier tout ce qui peut ressembler à une plume. Paraît que j'étonne pas mal de monde, à cause de la capacité presque "sans limite" de ma mémoire. Paraît que ma curiosité intellectuelle n'est pas donnée à tout l'monde. parce qu'il faut la satisfaire, sans quoi ... ben... je m'ennuie ! Paraît que je ne suis pas "bigornée" comme tout l'monde, à cause d'une sensibilité que j'aime et qui m'agace, en même temps, parce qu'elle fait que je suis quasi en permanence "à fleur de peau". Paraît qu'on reconnaît aussi à toute ma tite famille sa gentillesse. S'ils le disent ... ;-)
Ce qui est avéré, c'est que je suis aussi : Paradoxale, complexe et complexée, justement par la capacité de ma mémoire, presque sans limite, contradictoire, parfois, intolérante à la frustration, colérique pour des riens ou pour des choses qui n'ont rien fait pour mériter que je me rende malade, mais bon, c'est comme ça, spontanée (trop, parfois ça m'joue des tours), longue à prendre une décision quand elle est importante, demandeuse éperdue d'affection, ça c'est bien clair pour tout le monde, et je sais d'où ça m'vient, susceptible, ça c'est bien clair aussi, qu'un rien m'étonne et/ou me bouleverse, que tout, dans la vie, m'émerveille, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, je suis toujours aussi étonnée d'être en vie et de pouvoir ouvrir les yeux chaque matin. Il est vrai aussi que j'aurais pu passer de vie à trépas y'a douze ans ou presque, une nuit d'avril, et que je suis debout. Libre d'être je suis, libre d'être je resterai. Et d'être celle que je suis, par-dessus le marché.
En résumé, et définitivement, j'emmerde radicalement et sans scrupule aucun, ceux que ça dérange. Message reçu ?
Par Séverine
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